Un ampli bolide à qui rien n'échappe

REVIEWS

Stereoplay 07/92 - Avantgarde A1

Haute Fidelste 02/93 - Avantgarde A1

Stereoplay 11/94 - Avantgarde A1

Stereoplay 09/95 - Avantgarde C1

Sound 07/96 - Avantgarde Kombi

Video & Son 12/96 - Avantgarde Kombi

Au-delà du mur du son

Un boîtier en acier, une large façade noire en plexi opaque: le C-1 d'AvantGarde a le charme pesant d'un bloc transfo. Un coup d'oeil à l'intérieur confirme cette impression, en raison de la présence d'un transformateur de 1000 volts/ampères et de deux escadrons superposés de condensateurs. L'A-1, chef d'oeuvre de Fred Gassmann (34 000 marks, classé par Stereoplay "absolute Spitzenklasse 1" dans son numéro 7/92 est considéré à l'époque comme une référence inégalée), tire le meilleur parti d'une énergie inépuisable dispensée par d'énormes batteries en plomb. Pour obtenir des conditions comparables dans le nouvel ampli intégré C-1, Fred Gassmann utilise non moins de 32 condensateurs (16 par canal stéréo) d'une capacité de 4700 microfarad chacun.

Toutefois, ce flux d'énergie reste freiné par une petite résistance de 0,01 ohm installée dans l'alimentation. En théorie, ce frein diminue le temps d'amortissement dans les basses fréquences. En même temps, la résistance rapproche le temps d'amortissement des fréquences basses du temps d'amortissement des fréquences aiguës en tirant parti de l'inductivité inférieure des câbles. Le C-1 bénéficie-t-il de cette égalisation forcée? On veut bien le croire.
En tout cas, la réaction accélérée de l'ampli a pour effet de minimiser la distorsion. Dès lors, Fred Gassmann joue de l'accélérateur partout où il peut. Ne serait-ce qu'au niveau de la carte imprimée, de taille minime et qui comporte des chemins de signaux très courts et arrondis. Des régulateurs ultra-rapides maintiennent en permanence la tension des préamplificateurs au maximum. En outre, les condensateurs, qui freinent le signal et durcissent le son, sont bannis du parcours du signal. Enfin, lorsque le Suisse affirme trier manuellement les transistors pour obtenir l'appariement le plus rigoureux possible, Stereoplay les croit volontiers.

Initialement, seule une affirmation de Fred Gassmann laissait les experts sceptiques: selon lui, les fusibles suffisaient à protéger l'appareil. C'est pourquoi, après avoir effectué toutes les mesures en laboratoire, les techniciens ont mis les fusibles à l'épreuve du court-circuit. Mais une fois qu'ils les ont eus remplacés, l'appareil s'est remis à fonctionner comme si de rien n'était. Heureusement pour les oreilles des experts, car il aurait été vraiment trop dommage de se priver de la démonstration phénoménale des talents du C-1! En comparaison, le PA-1500 de T+A n'a pas fait le poids, et cela dès le premier tour d'essais, en dépit de ses qualités reconnues.
Incomparable, le C1 donne véritablement des ailes à la musique.
Même la fantastique Accuphase E 210 et le charmeur d'Electrocompaniet, ECI 2, ne lui arrivent pas à la cheville. A travers le C-1, le piano a plus de couleur. Chaque note est admirablement détaillée et l'émotion guette à tous les tournants. Nul ne saurait mieux rendre compte de l'attaque des marteaux sur les cordes et de la résonance aérienne des accords que ce bolide suisse de l'amplification.



Adapté de l'article "Der Rasende" paru dans Stereoplay 9/95

Retour sur le réseau

Fred Gassmann, prince de l'accu, fait son retour sur le réseau: contrairement à leurs prédécesseurs, les derniers amplis d'AVantGarde ne sont plus alimentés par batterie. Sur le plan acoustique, quelles conséquences?

Depuis qu'il ne se nourrit plus que de snacks végétariens, le maître de la hi-fi Fred Gassmann plafonne à 58 kilos tout mouillé. En revanche, ses amplis sont bourrés de vitamines - autrement dit, de gros accumulateurs en plomb qui dispensent une énergie quasi illimitée. Ce principe, Fred Gassmann l'a appliqué sans compromis à l'amplificateur final A-1, gratifié par Stereoplay (7/92) du titre de champion toutes catégories.

Mais tout le monde n'est pas prêt à débourser 34 000 marks pour satisfaire son goût du perfectionnisme! "Je peux aussi créer pour une catégorie de prix plus modérée" s'est donc dit Fred Gassmann, qui a fait quelques concessions sur l'A-1. Il a supprimé non seulement les huit énormes batteries Sonnenschein et toute l'électronique de chargement mais aussi les régulateurs pour l'étage final. L'étage d'entrée s'est vue doté d'un régulateur discret qui maintient l'alimentation constante. Sur le nouvel A-1 de base, dit A-1 1000, branché sur le secteur, 16 grands condensateurs par canal pourvoient à la stabilité du potentiel quel que soit le type d'écoute ou de charge. Heureusement, la capacité totale de 16 fois 4700 microfarad est bien supérieure à celle d'amplificateurs finaux comparables. Le transformateur de 1 kilowatt devrait pouvoir fournir aisément l'énergie nécessaire, d'autant plus qu'il s'agit d'un transfo en tôle, plus lourd que la normale, capable de stocker l'énergie magnétique.
"Nous avons procédé à des tests d'écoute pour chaque composant, en comparant systématiquement avec l'ampli à batterie" assure Fred Gassmann. Selon lui, le schéma de base n'est pas décisif. Dans le cas de l'A-1 1000, Gassmann se satisfait d'un schéma standard de qualité supérieure (en clair, pour les techniciens: un étage d'entrée ultra-rapide avec des transistors en cascade et quatre transistors bipolaires de Toshiba par canal).
Allons, pas de fausse modestie! Les mesures effectuées par Stereoplay montrent qu'il n'existe aucune dégradation du signal même en présence de haut-parleurs difficiles à contrôler. Et AVantGarde nous offre aussi une nouveauté absolue dans l'histoire des amplificateurs: des temps d'amortissement dans les hautes fréquences et les basses fréquences absolument équivalents.

Même si l'A-1 1000 ne peut nous faire oublier son luxueux grand frère, il n'en fournit pas moins un son extraordinaire. Il suffit pour s'en rendre compte de le comparer au Chord SPM-1200, référence toute neuve qui a fait son entrée dans la "absolute Spitzenklasse II" de Stereoplay. "Est-ce le Suisse qui est dopé ou le SPM-1200 qui prend des tranquillisants?" s'extasient les critiques.

Plus de plénitude et de consistance dans les basses: tel est sans aucun doute l'apport de l'A-1; mais aussi plus de légèreté, de pureté et de rayonnement dans les aigus - et déjà, ses concurrents mordent la poussière.

Autrement dit, voici un ampli à 6800 marks véritablement digne de figurer dans la "absolute Spitzenklasse I"!

Les tests ont aussi porté sur autre produit tout droit sorti de la "cuisine" de Fred Gassmann: un nouveau préamplificateur B-1 pourvu d'une alimentation surdimensionnée. Des transistors discrets peu nombreux et un nombre de régulateurs légèrement supérieur ont pris place sur un circuit plus petit. Le prix du nouveau B-1, soit environ 12000 marks, reste relativement modéré par rapport au prix de l'ancien. Et en ce qui concerne l'amplification du signal CD, le nouveau B-1 est au top-niveau.
Enfin, le B-1 présente une comptabilité remarquable avec le foudroyant A-1. Jamais un mariage dans cette catégorie de prix n'a offert un son aussi net ni une palette sonore aussi riche.
En conclusion, donc, excellente nouvelle pour les gourmets de la hi-fi: même si les préférences culinaires de Fred Gassmann, grande toque du son, les laissent froids, ils ne manqueront pas, en revanche, d'apprécier les prix toujours plus digestes de ses amplis hors du commun!

Adapté de l'article "Netz-Spannung" paru dans Stereoplay 11/1994

Révolution dans l'amplification

Chargé à bloc

Il est loin, le temps où le Suisse Fred Gassmann expérimentait des sources d'alimentation sur ses amplificateurs finaux personnels. A l'époque déjà, il ne jurait que par un bloc d'énormes accus en plomb capables de tenir en respect n'importe quelle type d'ampli et de haut-parleur (cf. Stereoplay 9/91).

Depuis, les amplificateurs finaux de Fred Gassmann sont alimentés exclusivement par batterie. Et après cette révélation des débuts, l'électronicien helvétique n'a eu de cesse d'innover. Au bout de quatre ans de travail, l'équipe de "Gassmann Akustik" a sorti l'incroyable amplificateur A-1 que Fred Gassmann présentait à l'époque à Stereoplay en toute simplicité: "Ca y est, maintenant je suis tout à fait satisfait du son rendu par notre A-1."
Pour alimenter son "bébé", le Suisse opte pour non moins de huit batteries en plomb de la plus haute qualité. Le besoin de recharge ne se fait sentir qu'au bout de six heures d'écoute. Il faut une heure au chargeur à haut rendement pour rétablir la charge de sortie de 200 ampères/heure. Ces accus ont une capacité très largement supérieure à celle des grands capaciteurs. Aussi les tensions d'alimentation de l'A-1 restent-elles de l'ordre de 52 volts (4x13 volts) même lors d'orgies de basse prolongées. Toutefois, la perte de potentiel qui se produit après plusieurs heures d'écoute, bien qu'inoffensive et limitée à quelques volts, restait un motif d'insatisfaction pour l'équipe biennoise. C'est pourquoi 21 transistors assurent en permanence une tension de 45 volts aux huit transistors finaux de chaque canal stéréo.

Le circuit imprimé lui-même est exemplaire: l'amplificateur, totalement symétrique, fonctionne en classe AB. Il est composé de deux blocs mono. Chacun possède quatorze transistors bipolaires Toshiba qui ont été choisis car ils permettent une restitution très détaillée. Les étages d'entrée et de sortie sont dotés d'une régulation ultra-rapide. De fait, l'amplificateur A-1 est le plus rapide du monde. Il peut fournir plus de cent ampères en une nanoseconde. Quant au temps d'amortissement, il s'est révélé si incroyablement élevé, même aux plus hautes fréquences, que même les haut-parleurs présentant les pires variations d'impédance n'ont pas fait bouger d'un iota la courbe du signal à la sortie.

Avant les mesures déjà, le phénomène suisse triomphait à l'écoute sur ses concurrents. Le couple monoblocs DMA X2 Stax et Mark Levinson 20.6 (tous deux classés comme références dans la "absolute Spitzenklasse I), ont dû plier bagage avec les haut-parleurs T 230 de T+A, pourtant non critiques. "Invraisemblable" marmonnaient les experts, qui n'en revenaient pas. Chaque fois que l'indicateur LED désignait le commutateur, la musique prenait de l'ampleur.

Le magazine français Haute Fidélité l'affirmait en son temps: "(...) l'amplificateur AvantGarde A-1 s'illustre par des qualités de timbre assez exceptionnelles. Il est doué d'une richesse dans le médium/aigu qui le place parmi les meilleurs amplificateurs que l'on a pu écouter. (...) Fini les sons pauvres ou désincarnés. [Cet amplificateur] semble décidé à utiliser toute la palette de couleurs qu'il faut pour offrir une musicalité douce et analytique. (...) La dynamique aussi est une réussite. Qu'il s'agisse d'un piano seul par exemple, ou d'une masse orchestrale au grand complet, tout s'exécute rapidement. Pas de traînage, ni de lourdeur. L'enchaînement d'instruments tels que timbales, grosse caisse, contrebasses et violoncelles est d'une remarquable limpidité. L'image stéréophonique n'a rien à envier au reste. Elle sait être à la fois large et catégorique quant à l'étalement des différents plans sonores."

Et le rédacteur en chef de Stereoplay d'affirmer à son tour: "Je n'en crois pas mes oreilles. Avec l'A-1 d'AVantGarde, le son est infiniment plus pur."